Sept moyens qui dépendent de vous
pour lutter contre l'hypertension


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Avoir de l’hypertension expose à un risque accru d’accident cardiovasculaire, mais, heureusement, les traitements sont efficaces pour le réduire. Cependant, prendre des médicaments pour faire baisser la tension ne suffit pas : il faut également agir sur les autres facteurs pouvant agir péjorativement sur la santé : excès de poids ou de cholestérol, tabagisme, diabète, sédentarité qui sont autant d’ennemis à combattre.

Lorsqu’on est hypertendu, il convient d’adopter une bonne hygiène de vie pour limiter les complications de l’hypertension. Les six recommandations de ce chapitre vous expliquent comment faire. Votre médecin ou une diététicienne les adaptera à votre situation personnelle, mais ne nous cachons pas la face : leur mise en place dépend largement de vous. Parler du rôle du patient n’est pas ici une vue de l’esprit : le choix de fumer ou non, de manger de la charcuterie et des frites en quantité, ou de monter régulièrement les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur exige de la volonté. C’est d’autant moins facile que les médecins manquent parfois de motivation et de temps pour expliquer en détail tous les bénéfices que l’on peut attendre de ces mesures.

1. Éviter le surpoids et lutter contre l’obésité

Toute personne hypertendue doit éviter le surpoids car l’obésité favorise et aggrave l’hypertension artérielle. De fait, l’amaigrissement est efficace pour diminuer les chiffres de tension et dans les meilleurs cas un retour à un poids normal peut corriger une hypertension sans recours aux médicaments. Pour savoir si votre corpulence est correcte ou pas, il est plus précis de calculer son Indice de Masse Corporelle (IMC), que de seulement tenir compte de son poids. Il faut donc non seulement monter sur la balance mais aussi se mesurer, voici pourquoi.

La mesure de l’indice de masse corporelle permet d’estimer assez bien l’état nutritionnel. C’est un moyen simple et fiable pour dépister l’obésité chez l’adulte. L’indice de masse corporelle permet d’estimer la quantité de masse grasse de l’organisme à partir du poids et de la taille. Il correspond au rapport du poids (exprimé en Kg) sur le carré de la taille (exprimée en mètre). En pratique, cet indice se calcule avec une formule mathématique simple : IMC = poids/taille 2. L’interprétation de cette formule est applicable chez l’adulte de 18 à 65 ans, mais attention, elle n’est pas valable chez l’enfant, la femme enceinte ou certaines personnes très musclées (adeptes de la musculation, par exemple). Précisons qu’il n’existe pas de définition consensuelle de l’obésité chez la personne âgée.

L’obésité est définie par un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m2. Le tableau 4 donne les définitions des experts de l’International Obesity Task Force (organisme lié à l’Organisation mondiale de la santé). Les conseils médicaux varient, selon la catégorie nutritionnelle de la personne.

Classification de l’état nutritionnel en fonction de la valeur de l’IMC
Référence : World Health Organisation WHO. Obesity : preventing and managing the global epidemic. Report of WHO Consultation on Obesity. Geneva, 3-5 june 1997 (WHO/NIT/NCD/98.1):1998.

VALEUR DE L’IMCCatégorie nutritionnelle
Inférieur à 18,5Maigreur
Inférieur à 18,5Maigreur
Inférieur à 18,5Maigreur
Inférieur à 18,5Maigreur
Inférieur à 18,5Maigreur

Voici trois types de conseils en fonction de l’IMC :

1) Conseils en cas de surpoids (IMC compris entre 25 et 29,9 kg/m2) :

Dans ce cas, votre objectif prioritaire est de stabiliser votre poids. Pour cela, efforcez-vous :

  • d’avoir une alimentation équilibrée et d’éviter ce qui apporte trop de calories comme les chips, les barres chocolatées, les sodas ;
  • de prendre vos repas à des heures régulières, sans grignotage entre les repas ;
  • d’avoir une activité physique régulière.

Si vous êtes atteint d’un diabète, d’une hypertension artérielle, d’un excès de cholestérol dans le sang (hypercholestérolémie), vous pouvez envisager une perte de poids.

2) Conseils en cas d’obésité, IMC compris entre 30 et 39,9 kg/m2 :

Dans ce cas, distinguons deux cas de figure :

A – Si vous avez des complications directement ou indirectement liées à votre obésité (une hypertension artérielle, par exemple), il vous est très recommandé de consulter. Si vous avez déjà des traitements, il est important de bien suivre les conseils diététiques et les médicaments qui vous ont déjà été prescrits.

B – Si vous n’avez pas de complications dues à votre obésité, vous êtes quand même exposé à certains risques. Votre objectif prioritaire doit être de perdre du poids. Il faudra ensuite ne pas regrossir.

Pour perdre du poids demandez à votre médecin ou une diététicienne des conseils pour un régime alimentaire (mesures diététiques). Faites de l’exercice (ayez une activité physique régulière). Sachez que les régimes les plus « sévères » (régimes dits « restrictifs ») ne sont proposés qu’à des sujets chez lesquels une perte de poids rapide est nécessaire pour des raisons de santé. Dans tous les cas méfiez-vous des méthodes et produits miracles qui sont hélas efficaces pour vider votre portefeuille et non pour faire perdre durablement du poids. C’est tout le problème de l’effet « yoyo » : on perd vite du poids sous l’effet du régime suivi pendant une courte durée, mais on reprend ensuite du poids (souvent encore plus qu’avant). Alors tout est à recommencer.

3) Conseils en cas d’obésité massive, IMC supérieur ou égal à 40 kg/m2 :

La situation d’obésité dite « massive » risque de vous exposer à différents problèmes de santé que nous ne détaillerons pas ici. Sachez que vous pouvez être exposé à des complications respiratoires comme le « syndrome d’apnée du sommeil ». Faites-vous aider par un spécialiste de nutrition, et n’hésitez pas à le consulter régulièrement. Un suivi rapproché et spécialisé est nécessaire, notamment si vous avez des troubles du comportement alimentaire (boulimie par exemple).